ROLAND GARROS: 6e jour: Interview de Rafael Nadal
ROLAND GARROS: 6e jour: Interview de Rafael Nadal
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Q. Que lisez-vous comme livre ?
R. J'ai commencé le Da Vinci Code. Et voilà, j'ai été interrompu ! (Rires.)
Q. Pourriez-vous nous parler de votre match d'aujourd'hui ?
R. Cela a commencé plutôt mal. J'étais nerveux. Mon toucher de balle n'était pas bon. Je pense que je me suis amélioré à la fin du premier set, et puis au deuxième. C'est au troisième que j'ai vraiment fait le break. C'était un match normal, rien de particulier à en dire.
Q. On a le sentiment que personne ne peut vous battre sur terre battue. Pourquoi êtes-vous tellement meilleur que les autres sur terre battue ? Avez-vous une explication ? R. Non, je ne pense pas être tellement au-dessus des autres. Chaque joueur a son histoire personnelle et chaque match est différent. J'essaie chaque fois de donner à cent pour cent mon meilleur tennis, mais je peux perdre aujourd'hui, je peux perdre demain. J'en ai bien conscience. C'est toujours difficile une fois qu'on est sur le court.
Q. Je pense que, pour vous, il est bien que les conditions s'améliorent, qu'il fasse plus chaud. Est-ce important pour vous ?
R. Aujourd'hui, le court était très lent, trop lent pour moi, trop lent pour mon goût. Tout était en fait très humide, très mouillé. Bref, il y avait plein d'eau sur le court, je ne sais pas comment on dit ! Les balles étaient très lentes. Je préfère pouvoir avoir un jeu plus rapide.
Q. Etes-vous un peu plus détendu maintenant ? Le record est battu. Cela vous permet d'être plus relax ?
R. Je suis content d'avoir battu Greg COL. Mais ce qui est important pour moi, c'est le tournoi de Roland Garros. Je suis nerveux au premier tour, au deuxième tour, au troisième tour je le serai aussi. Je suis ravi de l'avoir battu, mais c'est un tournoi difficile. C'est ce qui est important pour moi.
Q. Que s'est-il passé avec votre pied ?
R. Rien de particulier. C'est juste un problème de bandage. Rien de particulier au pied.
Q. On m'a dit que vous jouiez de la main gauche, mais que vous êtes un vrai droitier. Est-ce vrai ?
R. Je mange avec la main droite, mais au tennis et au football je joue de la main gauche.
Q. Pourquoi ?
R. Je ne sais pas.
Q. Est-ce parce que vous avez appris à jouer de la main gauche ? Est-ce du fait qu'un de vos coaches vous a appris comme cela, à jouer de la main gauche quand vous étiez petit ?
R. Peut-être, je ne sais pas. Si quelqu'un veut me faire jouer maintenant de la main droite, personne n'y arrivera. On est ainsi, on naît gaucher.
Q. On t'a demandé si la chaleur allait t'arranger. Tu as dit que le court était quand même humide. Raconte-nous un peu.
R. Oui, c'est vrai, c'était lent. Il y avait un mauvais rebond de balle. Ce court était très humide. Par la suite, je crois que les balles se remplissent d'eau et sont plus lourdes. C'est très difficile de pouvoir jouer avec des effets de balle. Je préfère que le court soit plus sec, que la balle ait un meilleur rebond. De toute façon, il faut s'adapter à ce que la météo nous donne.
Q. Lundi, tu gagnes un match et tu bats un record. Il s'est écoulé trois jours sans que tu joues. As-tu eu l'impression de ne plus être dans le tournoi ?
R. Non, pas du tout. J'ai continué à m'entraîner sans problème. Cela n'a pas posé de problème particulier. Chaque jour, j'ai suivi de très près tout ce qui se passait. Je ne me sentais pas du tout hors du tournoi. C'est un match qui n'a pas été plus dur qu'un match avec un autre espacement.
Q. Vilas avait 25 ans pour ce record. Toi, tu en as 19, presque 20. Penses-tu continuer sur cette bonne voie ?
R. C'est très difficile. 52, 53 victoires, c'est énorme. C'est très difficile de gagner 54 matches d'affilée. S'il y en a eu un dans l'histoire, jusqu'à présent, en bonne logique il n'y a pas de raison que je n'y arrive pas deux fois. C'est une bonne fortune qui t'arrive une fois dans ta carrière, c'est tout. Il faudra faire autre chose.
Q. L'an dernier, Rafael, tu as joué contre Gasquet et Grosjean. Tu vas tomber contre Paul-Henri Mathieu. C'est un rival difficile parce qu'il attaque beaucoup la balle. Tu le connais déjà. Comment vas-tu envisager ce match ?
R. J'ai joué plusieurs fois contre lui. C'est un joueur qui joue bien, qui a un jeu très propre, de très beaux coups, qui a un assez beau service, qui est donc assez dangereux, c'est vrai. Il sera important que mon tennis soit de bon niveau. Si je joue bien, on verra ce qui se passe. J'aurai des occasions. Ce sera un match dur, parce que c'est un bon joueur. J'ai joué contre lui à Marseille et à Dubaï cette année. Nous étions en quarts à Dubaï. Cela a été un match difficile. J'ai fini par gagner. J'ai joué à Hambourg au premier tour contre lui l'année précédente. C'est un match qui va être accroché.
Q. C'est une question spécifique. Je viens du Chili. Nous avons un joueur qui s'est retiré, qui est Rios, penses-tu qu'il est logique que des gens se retirent ?
R. Chacun a ses choix, sa vie. Chacun est différent. Chacun fait ce qu'il peut ou ce qu'il veut. Soit il ne pouvait pas continuer, soit il n'avait pas envie de continuer. Je le respecte. C'est un choix personnel.
Q. L'avais-tu vu ?
R. Je me souviens de l'avoir vu. C'est un joueur qui a été important dans l'histoire du tennis, un joueur charismatique. J'étais encore petit.
Q. Comment vois-tu les choses pour Federer, c'est un favori aussi, n'est-ce pas ?
R. Oui, on verra cela.
Q. Tu vas tomber contre Mathieu. Tu es un des favoris du tournoi. Face à un Français, il va y avoir une pression importante du public et aussi en salle de presse.
R. En salle de presse et dans un stade, de toute façon je ne sens pas une pression excessive. Je sais que je joue contre un Français, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. C'est un match, un match de plus. Je ne vais pas penser à autre chose. Je vais me concentrer sur mon tennis et laisser de côté le fait de savoir s'il est français, chilien ou autre chose. L'idée est de bien jouer. Si on joue bien, on gagne. C'est ce qui est important.
Q. Demain, c'est ton anniversaire. As-tu quelque chose à dire ? Tu nous as habitué à des célébrations.
R. Ce qui est important, c'est d'arriver en finale. Peut-être y aura-t-il quelque chose à célébrer. Je ferai quelque chose, mais en plus petit si ce n'est pas le cas.
Q. Comment te sens-tu ? Comment décrirais-tu ta forme ?
R. Bien, bien, normale. Je ne dirai pas une forme fantastique, mais je n'ai rien de particulier à signaler. J'ai l'impression que je joue un tennis tout à fait normal. J'espère mieux jouer demain qu'aujourd'hui. En général, c'est comme cela, on s'améliore. Au fur et à mesure que je rentre dans le tournoi, je me sens mieux. C'est une question de confiance que l'on acquiert au fil du match. C'est aussi une question de s'habituer, de prendre ses repères. Je sais que ce sera un match accroché, difficile. Je vais l'aborder avec beaucoup de plaisir.
Q. Tu joues au football comme gaucher. Quelle était ta position sur le terrain ?
R. Je suis avant droit, ailier droit. Vous pouvez m'inscrire, si vous voulez, s'il y a une partie de foot.
Q. Tu as réglé ton problème de cordage ?
R. Oui, c'est la meilleure nouvelle du jour. Je suis allé m'entraîner. J'avais des problèmes. Quand j'ai constaté que c'était un problème de cordage, c'était un soulagement. Ce n'était pas moi, c'était le cordage.